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La mission de 10 jours du MOI (Médecins de l’Océan Indien) et du groupe SMTP à Moramanga prend fin ce jour. L’action humanitaire affiche un bilan positif, puisque le nombre de patients traités (plus de 11 000) a largement dépassé le nombre prévu (10 000).

Ces résultats excellents ont été obtenus grâce à l’implication, au savoir-faire et à l’humanisme des missionnaires et de toutes les parties prenantes, dont le groupe SMTP et l’association ASF (Aviation Sans Frontières). Le Dr Firoze Koytcha de réitérer que : « Le but principal de la mission était d’opérer gratuitement le maximum de patients ». Plus de 75 opérations chirurgicales ont été effectuées, allant des plus « simples » au plus compliquées, relevant de pathologies graves. Parmi les plus notoires, nous avons retenu les opérations de la fistule à l’origine de mal-être et de discrimination sociale. A l’issue de cette mission, une équipe du MOI restera sur place pour un mois afin d’assurer le suivi post-opératoire.
Imagerie médicale. La délégation hospitalière de la MOI à Moramanga a également effectué des échographies, Dr Michel, responsable de l’imagerie médicale a ainsi remarqué que les hernies et les kystes ovariens figuraient parmi les pathologies les plus identifiées par le biais des échographies. Il a également rajouté : « Un nombre considérable de tumeurs de la parotide (qui est très rare en Occident) nous a frappés. Nous projetons ainsi de rechercher d’éventuels facteurs favorisant ».
ASF. Les missions de santé impliquent l’utilisation d’une quantité titanesque de médicaments et de matériels. Danil Ismael, PDG du groupe SMTP a affirmé que : « L’Aviation sans Frontières est un partenaire de taille pour SMTP et MOI. Cette association réunionnaise prend en charge gratuitement le transport des matériels et des médicaments atteignant jusqu'à 1,3 tonne dans le cadre des missions de Médecins de l’Océan Indien ». ASF collabora avec toute une chaîne solidaire de bénévoles et l’Air Austral pour cet acheminement, à raison d’un vol par jour sur Tanà.
Ophtalmologie et Optique. Armés de matériels élaborés à partir des technologies de pointe, les opticiens et ophtalmologues de la MOI ont consulté plus de 120 patients par jour pendant 10 jours lors de leur mission à Moramanga. Plus de 2 700 paires de lunettes ont été ainsi offertes gratuitement. Outre une opération massive de la cataracte, des dépistages d’autres maladies oculaires étaient également au programme.
Pédiatrie. Concernant les pathologies infantiles les plus nombreuses, les hernies, les maladies respiratoires et la cardiopathie infantile (dues à la malformation intra-utérine) forment le peloton de tête. Selon les explications des responsables, ces malformations intra-utérines sont dues à de mauvaises conditions de vie de la mère durant la grossesse, couplées avec un excès de stress et de fatigue.
Gastro-entérologie. Les ulcères de l’estomac et la bilharziose sont très fréquents chez les Malgaches en raison de leur alimentation et de leur hygiène de vie. Le Dr Dourgaux, responsable de la gastro-entérologie a également relevé des cas notoires d’hémorragie digestive, ainsi que beaucoup d’infections bactériennes dues à l’Hélicobacter pilori.
Fistules obstétricales. Au moins 5 opérations de la fistule ont effectuées, dont un cas extrêmement grave d’une jeune fille de 15 ans, atteinte de fistule recto-vaginale. Cette dernière fut atteinte en accouchant de son premier enfant, mort-né. Contrainte à évacuer urines et défécations par le même canal, elle est maintenant « guérie », mais ne pourra ni enfanter, ni avoir de relations sexuelles et ce jusqu'à la fin de sa vie. Pour lutter contre la fistule, le Dr Marcel estime que « la prévention et l’amélioration de la prise en charge de la santé de la mère et de l’enfant constituent les meilleurs moyens ».
Dentisterie. En une journée, plus de 500 extractions ont été effectuée et 50 patients ont pu bénéficier de prothèses. Par le biais de sensibilisation, les médecins traitants essaient également de convaincre les Malgaches de privilégier les soins à l’extraction (plus prisées au niveau national). Depuis 30 ans qu’il effectue des missions à Madagascar, un dentiste bénévole a remarqué que le secteur de la santé n’a pas évolué. Concernant les pathologies dentaires notamment, celles-ci puisent leur origine dans l’alimentation des Malgaches, trop riche en sucre.